Faire long feu

Faire long feu, ne pas faire long feu

La question ayant été posée par un lecteur du blog, arrêtons-nous un instant sur l’expression « faire long feu ».

Comment comprenez-vous vous les expressions « faire long feu » et « ne pas faire long feu » ?

Et comment les utilisez-vous… ?

Sans doute faites-vous plus facilement usage de la seconde pour évoquer quelque chose qui ne dure pas longtemps. Et « faire long feu »… ? Serait-ce l’affirmative de la formulation précédente qui signifierait alors, ipso facto, « durer » ?


La minute ortho, explications

Que nenni !

L’erreur commune, source de confusions,

est de considérer, en effet, que

« ne pas faire long feu » est la négation de « faire long feu ».

Or, il ne s’agit pas d’une expression et de son contraire

mais bien de deux expressions distinctes.


 

Faire long feu

Cette expression remonte à l’époque des premières armes à feu, lorsque les canons et les fusils devaient être chargés avant chaque tir. La charge de poudre dans le bassinet (petite pièce creuse de la platine des armes à feu dans laquelle on plaçait la poudre d’amorçage) était fréquemment affectée par l’humidité ambiante. Il était alors parfois difficile de l’allumer et il arrivait que la poudre, trop humide, se consume en fusant au lieu d’exploser. Les artilleurs rataient alors leur coup. L’expression « faire long feu » caractérisait cet échec par inefficacité.

Au sens figuré, l’expression « faire long feu » est donc d’usage lorsqu’on évoque un fait ou une circonstance qui traîne en longueur pour, au bout du compte, échouer.

Exemple : « J’ai lu son roman ; je trouve que son intrigue fait long feu. »

 

Ne pas faire long feu

Cette expression – condamnée par les puristes – semble dériver de la première devenue opaque. Avec sa tournure négative, cette formulation serait plus conforme au sémantisme de l’échec. Mais en fait, ce n’est pas du même feu dont il s’agit. On fait ici allusion à la flamme d’une chandelle qui s’éteindrait trop vite ou à un brasier qui se consumerait trop rapidement, tel un feu de paille.

Au sens figuré, on emploie cette expression pour désigner une situation qui ne dure pas.

Exemple : « Sans réponse de sa part, mon espoir n’a pas fait long feu. »


En conclusion…

Faire long feu, ne pas faire long feu– Mais alors, me direz-vous… il est question d’échec dans les deux cas de figure !

– Certes, vous répondrai-je. Mais tout est question de nuances (selon les métaphores initiales) et de niveaux de langue :

* faire long feu (langue soutenue)  le feu qui ne prend pas  échouer par inefficacité.

* ne pas faire long feu (usage plus familier)  le feu qui brûle trop vite  ne pas durer longtemps / échouer par brièveté.

Et vous ?

Utilisiez-vous jusqu’à présent ces expressions à bon escient ?


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A propos de l’auteur

Ex-professeur des écoles, orthophoniste et relectrice-correctrice, je constate au quotidien nos lacunes dans la maîtrise de la langue française. Alors m'est venue l'idée de ce blog. En espérant qu'il puisse vous être utile... Lucie

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